Les effets transformateurs du projet « jardin nutritif » sur l’autonomisation des femmes du groupement TEGAWENDE
Du partenariat d’Action de Carême et de l’Association SOS santé et défis (ASD-Paalga), naquit le petit projet d’implémentation du jardin nutritif de Sabtenga. Situé à quelques encablures de la ville de Ouagadougou, ce jardin mis en place depuis trois ans a profondément transformé la vie des femmes du groupement Tégawendé. Ce petit projet mené en marge du PEPASAB est respectueux de l’environnement et s’inscrit dans la durabilité.

D’une superficie d’environ 1 hectare et demi, le jardin nutritif de Sabtenga est exploité par 27 femmes. Outillées par ASD-Paalga, ces femmes répliquent les formations en agroécologie reçues. Elles fabriquent elles-mêmes un engrais liquide bio ainsi que de la fumure organique, garantissant ainsi une production saine et naturelle.
Dans le jardin nutritif, elles cultivent du baobab et du moringa. Ce choix n’est pas anodin. Le baobab et le moringa, reconnus pour leur haute valeur nutritive, leur permettent non seulement d’améliorer la qualité de l’alimentation des ménages, mais aussi de répondre à une demande croissante sur les marchés locaux et urbains (notamment à Ouagadougou). C’est dans ce sens que des grossistes, majoritairement féminins, se sont engagés à acheter ces produits pour les revendre dans leurs réseaux, tandis que des consommateurs privilégiant le bio y trouvent une réponse à leurs attentes.
Les retombées du projet sont multiples parce qu’elles parviennent à tirer leur épingle du jeu. En effet, grâce aux revenus générés par la vente de produits issus du jardin, les femmes surviennent aux besoins alimentaires de leurs ménages et à financer la scolarisation de leurs enfants. Pour beaucoup, notamment les femmes veuves, cette initiative représente un moyen de maintenir leur dignité et de prendre en charge leur famille.
Le jardin ne produit pas uniquement des ressources financières, il contribue avant tout à l’amélioration de la nutrition des familles. Comme en témoigne l’une des membres : « Les bénéfices sont énormes pour nous. Sur le plan médical, quand nous avons dans notre entourage un cas d’anémie, nous faisons bouillir les tiges de moringa que nous buvons. Sur le plan alimentaire, les feuilles de moringa bouillies offrent un apport nutritif considérable à nos ménages. Les bienfaits des feuilles de baobab, riches d’une tradition ancestrale, sont incontestables et nous nous engageons à les perpétuer à travers ce jardin. »

L’apport financier et matériel d’ASD Paalga a été déterminant pour aménager le jardin et poser les bases d’une véritable autonomie. Ce soutien a permis aux femmes de mieux se structurer et s’organiser pour gérer l’ensemble des activités du jardin, de la production à l’écoulement des produits. A travers les formations sur l’entrepreneuriat féminin et la gestion de coopératives, ces femmes ont pris en main la gestion du jardin en créant un bureau de pilotage et en amorçant leur formalisation administrative pour l’obtention d’un récépissé Elles ont également mis en place un fonds de roulement pour financer l’entretien et les petites réparations, assurant ainsi la pérennité du projet.
Les actions entreprises dans ce jardin par les femmes sont à la base de nouvelles collaborations stratégiques, notamment avec Eco Vert, une initiative gouvernementale qui a apporté des sessions de renforcement de capacités, des intrants et des équipements pour clôturer le jardin.
Malgré les difficultés liées à l’accessibilité à l’eau, les femmes envisagent d’aménager davantage le site pour y expérimenter la maraicher-culture. Elles souhaiteraient un appui pour créer des zones de séchage et d’implantation de nouveau forages, qui améliorera l’accessibilité à l’eau. Par ailleurs, l’acquisition de petites machines contribuerait à alléger les tâches quotidiennes et à optimiser la production.